Quand la vie t’oblige a revoir tes priorités…

À un certain moment dans mon aventure équestre, je me suis perdue… Enfin, je ne le savais pas encore à ce moment-là! Un été, alors que j’avais une grosse saison de concours en route, grosse formation de 3 jours de concours complet intensifs, trois concours sur trois week-ends consécutif… boom! Rien ne va plus! Après ce gros mois de travail, un peu de repos… malheur… il durera plus longtemps que prévu, ma juju devient raide, elle se déplace laborieusement et précautionneusement, c’est léger, mais Nara est du genre à cacher sa douleur au maximum de sa tolérance. Bref, Sonara part pour La Chute, sans moi (et c’est la première fois qu’on se sépare… Alors encore plus difficile pour moi), avec une amie de l’époque, pour un examen complet… Le diagnostic tombe… Elle est fourbée avec quelques degrés de basculés… Un coup de poing… Carrément… Ça fait mal et ça fait peur! On avait tant de plaisir (enfin avec le recul, je crois que j’en avais plus qu’elle…), on sortait beaucoup et on avait de bons résultats! Chose certaine, c’était fini pour l’année,

mais encore… Une fourbure c’est grave… Qu’est-ce que j’allais faire si elle ne guérissait jamais totalement? Si son bilan sanguin était mauvais? Si ça empirait? Si je devais prendre une décision que je ne veux pas prendre? Bref mon esprit s’est emballé… Je te déteste parfois satané cerveau! J’ai peur, je suis triste, je pleure… Beaucoup… Puis, je me suis dit… Et alors? Si je ne dois plus faire de sport intense tant pis… on travaillera au sol et on fera des balades tranquilles! Grosses réflexions qui se font… Je réalise qu’en fait je n’avais pas tant de plaisir à faire autant de concours et qu’elle non plus… Je lui en avais beaucoup trop demandé, j’avais des œillères et je continuais sans réfléchir à faire tous les événements pour ne rien manquer. J’ai alors réalisé que mon vrai plaisir était surtout de créer une relation avec mon cheval… D’obtenir des choses qui demandent plus que de savoir monter, de réfléchir au « pourquoi ». J’adorais travailler au sol, mais je le faisais moins pour m’entrainer en selle. Je m’étais perdue en chemin et ce triste événement a été la claque au visage qui m’a réveillée de mon somnambulisme et qui a réveillé mon cerveau… Wake up!!! J’avais mis la priorité à la performance alors que j’ai toujours voulu mettre ma priorité sur le cheval… Ce que j’ai donc décidé de faire! En fait, je me fiche de gagner un ruban si c’est pour que ma relation avec mon cheval écope… Je ne veux plus faire cela en dépit de mon cheval…

Bien heureuse de se dégourdir, de retour à notre pension <3

Sonara est revenue à la maison (écurie la promenade, où nous sommes en pension) après une semaine, je n’avais qu’une envie, la garder avec moi et passer du temps avec elle. Elle m’avait énormément manqué, j’étais tellement inquiète loin d’elle, je n’avais qu’une envie, la voir, la gratouiller, l’avoir près de moi! Cette semaine m’avait paru interminable. Au moins, elle était chez des amis, je la savais entre bonnes mains, ça aidait à supporter l’attente de la revoir. À son retour, elle allait bien, se sentait bien et le pronostic était bon pour elle… Mais voilà, il avait fallu ce malheureux événement pour m’ouvrir les yeux. En fait, mon but était maintenant notre relation et ELLE! J’ai donc décidé d’y aller à fond dans le Parelli (j’en faisais déjà, mais pas aussi à fond). Je pouvais donc travailler au sol et de façon moins intensive physiquement, mais plus intensive psychologiquement. J’adore apprendre à comprendre les chevaux et en plus le travail au sol s’était parfait pour elle. Elle est rapidement allée assez bien pour pouvoir la monter, sa cure d’amaigrissement avait été drastique et elle avait perdu beaucoup de muscles! J’y suis donc allée très, très doucement, pendant un an, beaucoup de travail au sol et du travail monté progressif, sans en demander trop à son corps. Au bout d’un an, j’ai d’ailleurs eu de merveilleuses nouvelles… Sonara s’était rétablie à 100 %, ses phalanges s’étaient replacées complètement et ses pieds étaient superbes! Quoique sa fourbure n’avait jamais vraiment paru sur l’extérieur de ses pieds… Excepté pour une grosse ligne de stress…

On dit qu’il y a du positif qui ressort de tout… et bien c’est vrai! Aujourd’hui, mon but n’est pas de gagner des rubans, d’accumuler des bouts de papier pour affirmer mon niveau ou de suivre les méthodes d’un entraineur sans me poser de questions… Mon but c’est d’être apprécié par mon cheval et d’avoir un cheval qui ose me « parler » et être capable d’entendre ce qu’elle essaie de me dire. J’ai recommencé les concours, mais maintenant je sais… Je suis prudente, je n’en fais plus trop et je le fais pour nous mettre au défi et non pour la performance à tout prix! Je n’oublierai plus…

Débourrer un poulain… Attention, ça va brasser… OU PAS! L’histoire d’un dressage sans histoire.

Première monte à vie pour Sonara

Attention! Attention! Le fameux débourrage d’un poulain, une étape très importante à franchir qu’on décrit souvent de périlleuse. Un poulain ce n’est pas fiable, on risque d’avoir des réactions fortes, voire dangereuses!

Je dois aussi vous mettre en contexte… Je montais déjà sans mors et je comptais bien dresser ma pouliche sans mors… Première « folie » de ma part. Ensuite, ma jument est une Canadienne et cette race à très mauvaise réputation… On dit de ces chevaux qu’ils sont imprévisibles et peu fiables… Alors qu’en réalité ce sont des chevaux sensibles et intelligents, qui refusent les injustices… Voilà pourquoi, moi, je les aime tant! Ils m’indiquent gentiment, mais fermement, lorsque je vais trop loin. Bref, deuxième « folie ». De plus, je suis une cavalière n’ayant pas suivi beaucoup de cours, n’ayant pas les moyens… Et je souhaite débourrer ma pouliche moi-même… troisième « folie »… Je suis cataloguée… Je vais clairement finir blessée ou avec un cheval complètement indiscipliné! De mon côté, je crois fermement qu’une préparation adéquate est la clef du succès lors d’un débourrage!  J’ai Sonara depuis sa naissance, je la travaille donc au sol depuis très

jeune et je la prépare doucement au débourrage.

On s’amuse avec les tapis, je lui présente souvent la selle depuis qu’elle est petite! Bébé, comme elle est née en automne, je lui mettais un petit gilet de chasse tenue avec un polo, pour aller en randonnée, afin d’éviter qu’on la prenne pour un bébé Orignal… Faut parfois être créatif! Bref, j’essayais de la préparer à certaines choses qu’elle devrait voir et sentir pendant son débourrage et rendre le tout habituel et donc sans stress. Je la connais, je connais ses limites et on se fait confiance. Si vous avez le moindre doute, mais que vous tenez fermement à le faire vous-même, faites-vous aider par quelqu’un qui à de l’expérience pour être bien encadré. La sécurité est la priorité!!

Le fameux jour J, Sonara à un peu plus de deux ans et je veux simplement monter, faire quelques actions de bases et redescendre! On attache et sangle la selle pour la première fois et je la longe un peu histoire de voir sa réaction… Attention… On se prépare pour de l’émotion… RIEN! Elle est au trot et agit comme si elle avait déjà été sellée avant « no big deal »… Bon. Continuons, alors bombe sur ma tête, on grimpe… Sonara se demande bien ce que je fais là… Elle regarde mes jambes… J’utilise des commandes vocales qu’elle connait pour la faire avancer, mixer à la jambe afin qu’elle fasse le lien plus rapidement… Voilà… J’ai une pouliche Canadienne, de deux ans, montée pour la première fois, sans mors, qui recule, avance, tourne et stop. Quelle histoire! Pleine de… Joie. Je ne le dirai jamais assez… PRÉPARATION!!

Avec du respect, de la patience, du temps et de la préparation, voilà à quoi a ressemblé le débourrage de ma pouliche. Bien sûr, chaque cheval est différent, on est jamais à

l’abri de petits problèmes. Mais de là le point de la bonne préparation… Lorsqu’on ne saute pas d’étape, généralement, ça se passe en douceur. Lorsqu’on respecte les limites et qu’on demeure à l’écoute, les grosses réactions ne devraient pas apparaitre. Ces réactions sont, souvent, le résultat d’un manque d’attentions aux signaux que notre cheval essaie de nous envoyer… Il n’a alors plus le choix de s’exprimer très fort, car il n’en peut plus. Parfois on peut aussi simplement avoir un petit cheval coquin qui aime se jouer de nous… Mais encore une fois, une bonne préparation devrait grandement aider. Dans la préparation, le cheval apprend vos limites et vous apprenez les siennes, la communication s’installe et la transition du sol à la selle se fait beaucoup plus naturellement.

Il faut garder en tête qu’un poulain n’est pas un adulte… Ni mentalement, ni physiquement. Un cheval devient physiquement mature à SIX ANS, peu importe la race… Il faut donc être très progressifs. Le corps doit se développer musculairement pour supporter le cavalier et de plus, les os supérieurs du corps ne commencent à se fusionner qu’entre 4 et 6 ans. Il faut donc laisser au corps le temps de s’adapter!! Et pour en ajouter un peu, mentalement, ils sont encore jeunes et immatures, il faut donc aussi leur laisser le temps de s’adapter à tout ce changement. Ils vivaient une vie tranquille, dans le pré, à se la couler douce et là, ça change du tout au tout. Mettez-vous à leur place. Soyez progressifs et compréhensifs, les chevaux sont des animaux pacifiques, s’ils réagissent violemment, ce n’est pas par plaisir… Il y a une raison, trouvez là!

Petite note : Par la suite on est resté sur des entrainements très légers des bases deux fois par mois et on a commencé à travailler un peu plus vers trois ans et le travail sérieux vers 4 ans. Histoire de la laisser se développer

Première foulées de galop

The direct line thinker… L’art de penser en ligne droite vers le mur.

L’être humain est de type « direct line thinker » il se donne un but et s’en vas en pensant à son but sans jamais lever les yeux… Je veux ceci, je vais donc l’obtenir… POINT! Avec les chevaux, c’est totalement le contraire. Ils savent s’ajuster en réponse aux stimulus extérieurs et à l’énergie générale. Voilà pourquoi la plupart du temps, lorsqu’on veut obtenir exactement quelque chose de bien précis avec un cheval… ça ne fonctionne pas ou ça finit en bagarre et en stress.

En fait, il m’est arrivé de faire cela et il m’arrive encore de me perdre un peu parfois et donc voilà ce que j’ai observé lorsque cela m’arrivait. Lorsqu’on se fixe sur l’objectif à atteindre du genre à la fin de la séance je dois arriver à tel résultat, on ne pense qu’à ça et l’on se met des œillères. Au final, on n’écoute plus le cheval, on n’écoute plus notre ressentie et l’on ne fait pas attention à tous les petits signaux qu’il nous envoie… Parce qu’on n’est concentré que sur l’objectif. Les chevaux sont des individus à part entière… Ils ont donc des émotions, pas comme nous, bien sûr, mais ils en ont! Il leur arrive donc de ne pas être dans leur assiette, d’avoir envie d’autre chose que ce que nous leur proposons de faire ou encore simplement de ne pas être tout à fait prêts psychologiquement pour le faire. Il arrive, évidemment, des jours où ils sont parfaitement prêts et motivés et où tout se passe à merveille… Mais il faut s’attendre à ce que ce ne soit pas toujours aussi simple et facile!!

Par exemple, l’autre jour, je voulais travailler un peu Nara au sol et lui faire faire quelques tours de longe ,pour son cardio, afin de la garder en forme… Elle n’arrêtait pas de changer de direction ou venir me rejoindre. Ce qui est plutôt inhabituel chez elle, c’est le genre de cheval plutôt réservé et obéissant. Je voulais garder à l’esprit de ne pas la réprimander, puisque je suis pour le fait qu’elle s’exprime! J’ai donc réfléchi et essayé de comprendre ce qu’elle voulait… J’en suis venue à la conclusion qu’elle avait peut-être envie de jouer, j’avais raison! Elle avait envie de jouer avec moi… On a joué au « cutting » ensemble donc plusieurs changements de direction rapides et elle était incroyable. Elle s’en donnait à cœur joie, bondissant d’un côté à l’autre, relevant bien son avant-main et avec une expression positive sur le visage, les oreilles bien en avant, prête à recevoir mes signaux. Comme exercice de saut en liberté mentionné plus haut, elle est timide et le fait qu’elle me propose de jouer est une preuve de confiance et de détente. Si je n’avais pensé qu’à la longer et que je l’avais réprimandé pour ne pas suivre exactement mes commandes, je n’aurais pas eu droit à ce moment magique de plaisir mutuel! Et elle aurait peut-être même arrêté de me faire des propositions.

Il y a aussi des jours, où elle n’est pas en forme, stressée ou paresseuse (lorsque je la « dérange » en début d’après-midi par exemple, son heure de siesta)! Et lorsque je ne respecte pas ces humeurs et que je la traite comme tous les jours, je finis avec un beau désastre. Elle m’indique beaucoup plus clairement que je suis allée trop loin et qu’elle ne se sent pas bien là-dedans. Les désastres peuvent aussi arriver lorsque j’arrive à l’écurie dans un mauvais état d’esprit ou en pensant à un objectif précis justement… Avec elle, même ce qui se passe avant la séance à une incidence sur cette dernière. Je dois prendre le temps, lorsque je la selle et la prépare, de nous mettre toutes les deux dans un bon état d’esprit pour le travail. Je prends mon temps et je ne le regrette jamais. Le cheval est un animal qui sait s’adapter et il est de notre devoir de faire de même pour pouvoir travailler avec eux. Comme nous, ils ont leurs humeurs et nous devons le respecter. Nous devons respecter leurs limites si nous voulons qu’ils respectent les nôtres, c’est ainsi que fonctionne le travail d’équipe.

Petit photo de Sonara sautant en liberté. Elle a parfois besoin de passer à côté du saut au lieu de le sauter, jusqu’à ce qu’elle se sente prête à le faire. Si je la force “non tu saute”, elle ne reste pas longtemps auprès de moi en liberté et s’en va au triple galop. Lorsqu’elle se sent prête, elle saute d’elle même… Avec calme!!

Vieillir ensemble… Jusqu’à ce que la mort nous sépare!

On m’a souvent demandé pourquoi je gardais un vieux cheval qui me coûtait beaucoup d’argent et qui ne me « servait à rien ». Pour ceux qui ne savent pas, Mimi a 28 ans (29 en mai) et elle demande des soins particuliers. Elle fait des réactions allergiques plutôt sévères aux mouches en été, elle a, périodiquement, des crises d’arthrite et pour finir, elle a de l’emphysème (par crise également)… Le tout se contrôlant très bien, mais avec les soins adéquats évidemment! Vous êtes maintenant en connaissance de cause. Je tiens à vous assurer que sa qualité de

vie est bonne, je ne laisserais pas souffrir un animal inutilement.

Retournons à nos moutons… Ce type de question me fait réfléchir à une réponse… Car ce genre de question ne s’était jamais illustré dans mon esprit avant qu’on m’en parle. Pour me comprendre, il faut se mettre à ma place… Dans mon esprit, les animaux sont des membres de ma famille à même titre que tout le monde. Ma famille est la chose la plus importante dans ma vie et chez nous, on est toujours là pour la famille. Jamais il ne me viendrait dans l’idée de laisser un membre de ma famille de côté, car je les aime tous pour ce qu’ils sont, ils font partie intégrante de ma vie, et je ne pourrais l’imaginer sans eux!!! Voilà donc pourquoi je n’y avais jamais pensé avant.

Ensuite j’ajouterais ceci, Mimi est mon premier cheval, celle qui a été plus que patiente avec une cavalière très débutante qui enchaînait les erreurs et qui a dû apprendre à écouter et à contrôler son mauvais caractère! Elle m’a offert beaucoup, lorsque je l’ai eu, elle ne voulait pas du tout avoir affaire aux humains, petit à petit elle m’a offert sa confiance et en échange je devais essayer de comprendre ce qu’elle tentait de me dire et me montrer digne de cette confiance. Bien qu’un peu caractériel, c’était une jument incroyable, en qui je pouvais avoir confiance. Elle était beaucoup plus brave que moi, confiante, fiable et pleine de bonnes intentions. Nous avons vécu mille et une aventures ensemble et disons que dans mon jeune esprit, qui n’en connaissait pas encore beaucoup sur le cheval dans son ensemble, c’était un peu du grand n’importe quoi! Mais tant que je la respectais dans ce chaos, elle me donnait tout, en fait, étant une LBE, je crois bien qu’elle aimait bien ce chaos hihi! Elle avait du cœur au ventre cette petite jument! Elle a même réussi à venir à bout de la phobie des chevaux de ma mère.

Alors maintenant qu’elle m’a tout donné, qu’elle m’a endurée, qu’elle a été mon rock dans cette grande aventure de la vie… C’est à moi de prendre soin d’elle et de lui offrir le repos et la quiétude qu’elle mérite. C’est le juste retour de choses pour moi, je lui dois! Bien sûr j’aurais pu en faire profiter une autre personne qui débute, mais elle en avait déjà vécu beaucoup dans sa vie et ce bien avant que je l’aie… Je trouvais donc qu’elle en avait assez donné et qu’à présent elle méritait bien sa retraite. De plus, j’aurais été beaucoup trop inquiète qu’elle ne reçoive pas tous les soins dont elle avait besoin pour ses conditions particulières. Bien qu’elle mérite cette retraite, puisqu’elle m’en a tant donné, il y a aussi du plaisir à prendre soin d’une mémé. Les vieux chevaux ont une énergie et une présence bien différente. On ressent de la douceur, presque de la sagesse qui se dégage d’eux… Ce sont ceux qui ont déjà tout vu, tout vécu… Ils sont cool, patients… Vous savez, celui qui attend sagement pour entrer le dernier dans l’écurie, parce qu’il sait que son grain l’attendra sagement, peu importe, à quelle vitesse il s’y rendra… La sagesse aussi d’éviter les autres qui s’excitent pour entrer… Mais ils n’en sont pas moins amusants!!

Lorsque l’envie leur prend, ils vont encore faire les fous comme de petits jeunots ou encore user de tous leurs charmes (ce qui incluse grimace, bisou, jambette…) pour avoir une petite carotte!! Ce seront aussi les premiers à être heureux de nous voir, même si parfois les soins qu’on leur donne ne sont pas toujours agréables… Je me demande… Savent-ils qu’on le fait pour les aider? Parfois j’en ai presque l’impression… Le point final de cette mise sur papier de mes réflexions est ceci; je lui avais promis, lorsqu’elle était arrivée dans ma vie, que je serais sa dernière maison et que je serais toujours là pour elle… Je ne reviens jamais sur mes promesses… Je suis incapable de l’imaginer ailleurs… Quand elle partira, ce sera parce que le point final sera mis sur l’histoire de sa vie…

OHANA veut dire la famille, la famille veut dire que personne n’est abandonné ou laissé derrière… Bin oui, je viens de citer un film de Disney haha!! Bienvenue dans mon monde!! 😛 

Le cauchemardus des prés communs VS le cavaliatus moyen!

Pour les gens du Québec, imaginez Charles Tiesseyre vous lisant ce texte pour plus de plaisir! Connaissez-vous ce type de cheval? L’appellation scientifique étant l’Equus cauchemardus des prés communs… La description officielle étant : cheval de type fuyant lorsque le cavaliatus moyen pose un seul pied dans son pré, un licol à la main… Equus cauchemardus étant parfaitement amical lorsque ce même cavaliatus entre les mains vides ou pleines de friandises.

Cette situation pourra ensuite donner naissance au cavaliatus frustratus… Ou encore au cavaliatus épuisus, ce cavalier qui sortira tous les trucs de son chapeau (longe derrière le dos, friandises, etc.) pour tromper l’Equus cauchemardus qui lui, est beaucoup trop brillant pour se laisser berner. Il en résultera une course effrénée contre l’Équus cauchemardus qui, de toute évidence, est beaucoup mieux taillé pour la course que le cavaliatus épuisus. Si l’Equus cauchemardus a de la chance, le cavaliatus aura peu de temps à passer à l’écurie et il pourra s’en tirer sans trop de peine. Si le cavaliatus demeure plus patient que l’Equus cauchemardus, et qu’il a du temps, l’Equus cauchemardus finira par arrêter de jouer et consentira à se laisser approcher. Le cavaliatus épuisus peut maintenant préparer l’Equus cauchemardus des prés communs afin de le mettre au travail, enfin! L’Equus cauchemardus est maintenant parfaitement prêt a continuer à se jouer du cavaliatus épuisus, sachant ses défenses affaiblies.

Premièrement, si le cauchemardus se sauve en vous voyant arriver avec un licol et pas avec les mains vides ou une friandise, un questionnement sur le travail s’impose. Certains CDPC (cauchemardus des prés commun) ont du mal avec le travail imposé par le CE (Cavaliatus épuisus)… Soit ils s’ennuient, soit ils sont stressés par le rythme du travail imposé. Il serait utile de réviser les stratégies de travail afin de les rendre plus agréables pour le CDPC.

Deuxièmement, le CDPC est un animal très sensible, il perçoit facilement les intensions du CE et saura donc avec précision si ce dernier souhaite l’attraper ou simplement venir le visiter. L’énergie de l’homo sapiens commun est facilement perceptible chez les animaux, il n’est pas très doué pour cacher ses intentions! Voilà pourquoi le CPDC vous aura à tous les coups!

Troisièmement, le CDPC est un animal très intelligent, il faudra donc jouer de ruse pour l’apprivoiser. On ne parle pas de ruse toute simple, comme cacher son licol derrière son dos, le CDPC pourrait le prendre comme une insulte à son intelligence!! Pour le truquer, il faudra aussi sacrifier quelques séances de travail, apporter votre licol, jouer le jeu « d’attrape moi si tu le peux », donnez-lui une récompense une fois attrapé, retirez le licol et partez sur le champ… Il sera bluffé! Psychologie inversée les amis!!!!!

Quatrièmement, changez les séances de travail pour qu’elles deviennent plus amusantes ou moins stressantes pour lui. Ne venez surtout pas à l’écurie seulement pour le monter… Prenez le temps de passer pour lui donner une carotte, le brosser et simplement vous prélasser au soleil avec lui dans son pré. Il finira par ne plus vous considérer comme le simple humain qui le sort du confort de son pré pour le travailler de façon monotone et finira peut-être même par vous considéré comme un « presque membre du troupeau ».

Finalement, il arrive parfois que le CDPC que vous venez d’acquérir « usagé » arrive

« très sauvage ». Il sera donc de votre devoir de travailler encore plus fort pour l’apprivoiser et de lui montrer que tous les cavaliatus moyens ne sont pas identiques.

Le CDPC apprivoisé est une espèce agréable à côtoyer. Il est du devoir du CE de devenir agréable pour le CDPC, ce dernier le sera aussi en retour. Pour apprivoiser le CDPC sauvage, il faudra vous intégrer dans le troupeau, agir, penser, être un CDPC! Mangez du foin s’il le faut!! Une fois accepté, vous pourrez commencer à apprivoiser le CDPC sauvage et vous en faire accepter. Bref, bon « catching game » à vous tous! Amusez-vous! Faites-en un jeu! L’attitude qu’on a face à un problème est souvent la raison du problème!! Profitez de chaque problème pour en faire une occasion d’apprentissage, repoussez vos limites et « think outside the box »! Pensez cheval, soyez cheval!

 Qui sait, vous vous retrouverez peut-être avec un Equus fabulus des prés communs après tout!

Pas de mors… Pas de freins?!

Alors là, voici la chose que j’ai entendue le plus souvent et qu’il m’arrive encore d’entendre. Je croyais cette question réglée… Mais non! Et bien, voici une super occasion d’écrire là-dessus. Merci à ceux qui soulèvent ces points, car cela m’inspire pour en parler sur mon blogue. Il ne m’était pas vraiment venu à l’esprit d’en parler et pourtant, c’est un excellent sujet qui revient continuellement sur la table.

C’est bien connu, les personnes qui montent sans mors s’arrêtent dans les clôtures, se font embarquer sur l’obstacle, ressortent des sous-bois couverts d’égratignures après avoir perdu le contrôle et le galop en extérieur, n’y pensons même pas… Non, mais sérieusement, trêve de plaisanterie (n’y voyez aucune insulte, j’adore simplement m’en amuser un peu), toutes ces images mentales, bien qu’un peu comiques, n’ont pas plus de chance de nous arriver sans mors qu’avec un mors. J’ai vu bien des gens perdre le contrôle, et ce, même avec un mors! Certains « sans mors » sont même plus sévères que les mors simples… Je parle ici des hackamores à branches. Plus les branches sont longues, plus l’effet de levier sera puissant (La branche crée un effet de levier, plus il est long, plus la force est augmentée… Ceci s’applique aussi aux mors à levier!!) et si on ajoute à-celà que plus la muserolle est mince, plus l’effet sera puissant (nous avons ici un autre principe de physique : Plus la surface qui distribue la pression est petite, plus la force y sera concentrée et donc plus c’est sévère). Sans mors n’est donc pas synonyme de plus doux. Cela dépend toujours de ce qu’on utilise : un hack à muserolle en corde de lasso et à branche de dix pouces sera beaucoup plus sévère qu’un petit loose ring à gros canon.

Bref, pour le manque de frein, on parlerait plutôt de bitless simple, tel que le licol en corde ou encore side-pull  (les bitless type dr.cook ne sont pas incluse puisque leur effet n’est pas « simple ».  Les lanières qui passent sous la tête serrent le nez et la nuque). Voilà donc les deux types de sans mors qui pourraient  théoriquement s’appliquer au manque de frein… Mais voilà le hic, le contrôle mes amis, n’est pas physique… Le contrôle est psychologique. Je n’hésiterais pas une seconde à aller en randonnée avec Sonara en simple cordelette, avec rien sur la tête! Maintenant que je sais qu’elle contrôle bien ses émotions en situation de peur, cela ne me dérangerait pas du tout. Le risque de perdre le contrôle avec ou sans mors est exactement le même, puisque le contrôle n’a rien à voir avec la sévérité d’un mors, mais tout à voir avec la force du lien mental.

Un cheval qui à peur pour sa vie se fichera complètement d’avoir mal à la bouche… S’il sent le besoin de sauver sa peau, il le fera, peu importe ce qu’il a  ou ce qu’il n’a pas dans la bouche! Le contrôle du frein, de l’accélérateur, du volant, etc. n’est qu’une question de force mentale. À quel point la relation est forte, à quel point la communication est avancée et à quel point la compréhension est présente. Voici un petit exemple, Sonara, comme beaucoup de chevaux, est toujours un peu plus rapide sur le chemin du retour. Je monte toujours sans mors, la balade ne faisant pas exception (en fait Sonara n’a jamais été montée avec un mors). J’ai essayé plusieurs types de bride sans mors et il s’est avéré que la plus simple et la moins sévère était le meilleur choix pour elle. Je monte donc en side-pull ou en licol de corde. Il m’arrive souvent de galoper et trotter sur le chemin du retour et je n’ai aucun problème à trouver le frein… En fait, il n’est pas dans mes mains, il est dans mon assiette. Je me sers principalement de mon assiette et de mon énergie pour la faire stopper (oui, oui, même du galop…) et je n’utilise mes mains 

qu’au besoin en ajoutant progressivement un peu de contact.

Là est la clef, mes amis…Comme le dit Pat Parelli « the more you use your reins, the less they use their brain » (plus vous utilisez vos mains, moins ils utilisent leur cerveau). Mimi avait toujours été montée avec un mors et semblait avoir rencontré quelques mains indélicates en cours de route… Il a fallu que j’exerce cette phrase! Dès que je mettais un peu trop de mains, bye bye les freins… Même avec un mors!! À la minute où j’ai commencé à monter avec l’énergie et l’assiette plus qu’avec les mains, je me suis équipée de freins de haute performance, et ce, même en licol! 

Bien sûr, je ne dirais jamais à quelqu’un de partir en randonnée sans mors s’il croit fermement qu’il manquera de frein, parce que c’est clair qu’il en manquera. Simplement parce que son esprit sera fixé sur cette pensé et qu’il sera tendu et n’agira pas de la même façon qu’à son habitude. Ce qui perturbera évidemment son cheval et ce qui risque de causer plus de tort que de bien. Voici donc la nuance… Le contrôle n’est pas une question de force physique, mais bien de force mentale! Tout est question de communication, de ressenti et de délicatesse. Le contrôle s’acquiert dans de petites subtilités du corps, de l’énergie et du focus… Un contrôle dans la force se perdra en un claquement de doigts, alors qu’un contrôle mental sera extrêmement difficile à ébranler!

L’éducation VS le dressage

Voici un autre beau sujet de discussion! Le dressage VS l’éducation, un sujet que j’ADORE! J’entends tellement de choses, trop souvent, sur des sujets d’éducations. Les gens mettent énormément de temps sur le dressage du cheval et pas assez sur l’éducation. Avant tout, je vais commencer par clarifier ce premier point : Qu’est-ce que le dressage et qu’est-ce que l’éducation? Et clarifier la différence entre les deux. Parce que la différence est énorme et importante. Le dressage : c’est apprendre au cheval à exécuter des mouvements sur demandent, exécuter tel ou tel exercice et donner la bonne réponse à nos indications. Par exemple : lui apprendre à faire un parcours de baril, exécuter des figures de dressage, apprendre à accepter un cavalier, tourner, reculer, etc.

L’éducation, c’est d’apprendre au cheval à bien se comporter, à savoir se tenir, à comprendre les limites… Apprendre les bonnes manières quoi! Par exemple : apprendre au cheval qu’il a le droit d’avoir peur, mais pas de vous bousculer. Lui apprendre à ne pas vous arracher les rênes pour manger du foin. Lui apprendre que mordre n’est pas acceptable, etc. La différence entre les deux termes est É-N-O-R-M-E! Beaucoup de chevaux sont très bien dressés et pas si bien éduqués. Les cavaliers mettent beaucoup de temps sur le dressage et trop peu sur leur l’éducation. Ils aiment aussi utiliser nombre de raccourcis pour essayer de faire passer les mauvaises habitudes de leur cheval, utilisant des artifices qui ne règlent pas le problème.

Vous en avez surement déjà entendu? Ton cheval tire en longe? Mets-lui la chaine de la longe dans la bouche! Ton cheval veut toujours galoper et est difficile à tenir? Mets-lui un mors plus sévère! Ton cheval donne des coups de tête? Mets-lui une martingale! Mais… le problème est encore là. Tout cela ne sert qu’à cacher le problème, mais il ne règle pas! Le cheval écoute par la douleur ou par la contention… Un jour, il risque de devenir insensible à cette douleur et le comportement deviendra de pire en pire. Ne serait-il pas plus respectueux de tenter de lui expliquer que ce comportement n’est pas désiré et lui offrir une alternative plus confortable pour lui et pour nous? L’éduquer, lui apprendre les bonnes manières et l’inciter à réfléchir. Trouverait-on acceptable de voir un parent mettre une muselière à son enfant parce qu’il cri en public? Le voir l’attacher sur une chaise parce qu’il bouge trop? Non, un parent éduque son enfant et lui explique les règles de conduite, en le laissant toute foi la chance de s’exprimer et de demeurer lui même

Bien entendu, l’éducation du cheval passe beaucoup par le travail au sol et c’est une partie du travail sur laquelle beaucoup de cavaliers lèvent le nez. Pourtant, n’y a-t-il pas plus important qu’un cheval éduqué, qui, en cas de panique, ne vous passera pas sur le corps? Qui ne vous bousculera pas à la vue du moindre brin d’herbe à manger? Qui ne passera pas près de vous casser un pied parce qu’il n’avait pas trop envie de faire attention à votre bulle? Qui ne vous bottera pas parce que vous êtes passé au mauvais moment derrière lui et qu’il se soit dit « tant pis »? L’éducation est la base de la sécurité à cheval. On instaure des limites et le cheval instaure aussi les siennes. Chacun apprend à respecter les limites de l’autre pour une meilleure compréhension et une meilleure sécurité quotidienne. Il n’est pas énormément difficile d’éduquer son cheval. Il suffit d’être constant. La constance est la clef du succès ici, il faut absolument s’en tenir aux règles instaurées pour qu’elles restent claires. Par exemple : Si un jour vous le laissez vous arracher les rênes pour manger du foin, parce que vous êtes particulièrement heureux et patient ce jour-là et que je le jour suivant vous le grondez fortement pour la même chose, parce que ce jour-là, votre humeur ne laissait pas passer cette action, comment voulez-vous que votre cheval s’y retrouve. C’est non un jour, c’est non toujours!

C’est donc à vous de construire votre propre code de conduite entre votre cheval et vous-même et de vous y tenir. Par exemple : J’aime les chevaux qui sont expressifs et qui viennent me voir et me demander des gratouilles. Par contre, je n’accepte aucun cheval qui ne le « demande » pas de façon polie! Si un cheval arrive rapidement et me bouscule au passage pour exiger ses gratouilles, ou qu’il envahit mon espace sans considération, il se fera renvoyer illico!!! Je ne tolère PAS l’impolitesse! Si un cheval arrive doucement dans ma bulle, se tourne avec gentillesse pour m’indiquer où il veut être gratter, alors là, il y aura droit. Aucun cheval n’entre dans mon espace sans être poli.

Bref, j’espère avoir mis un peu au clair la différence entre l’éducation et le dressage et l’importance de l’éducation. N’est-il pas merveilleux d’avoir un cheval calme au montoir, qui se place lui-même pour que vous montiez et attend patiemment que vous lui donniez le signal pour partir? N’est-ce pas merveilleux de pouvoir descendre de cheval pour replacer des barres et avoir un cheval calme, à l’arrêt, qui attend patiemment que vous reveniez? N’est-ce pas sécurisant d’avoir un cheval en main qui, même s’il a peur, ne vous bousculera pas? L’éducation rend le fait de côtoyer les chevaux beaucoup plus sécuritaire et agréable. De plus, le cheval sera beaucoup plus calme, parce que les règles seront claires et toujours pareilles, il saura donc à quoi s’attendre. L’éducation, c’est gagnant/gagnant!

Toutes ces choses se travail en R+ et c’est d’ailleurs quelque chose que vous pourrez trouver dans nos cours!

Monter sans mors, c’est monter sans précision?!

Et bien, attaquons-nous à un autre mythe de la monte sans mors. J’ai souvent entendu dire que la monte sans mors manque de précision. On ne peut faire de figures précises et délicates bitless. Il faut absolument un mors pour réussir des figures de dressage complexe et pour avoir un cheval sur la main. On pourra réussir à la faire bitless, une fois appris avec un mors… Ceci est faux! Premièrement, parce que comme je l’ai dit dans un billet précédent, le contrôle n’est pas physique, mais bien mental. Deuxièmement parce que « less is more », pas besoin d’énormément de main pour réussir des figures complexes.

Troisièmement, c’est l’assiette tout entière qui doit être utilisée pour monter, les mains ne sont qu’une petite partie de l’équation. Développons… Lors de l’apprentissage, il faut prendre le temps qu’il faut! Nous sommes dans un monde où tout doit arriver vite… Toujours plus vite! Nous n’apprenons plus à patienter et à faire les choses doucement et avec progression. L’équitation est un art avant toute chose et l’art demande de la délicatesse et du temps. Le résultat sera peut-être plus rapide avec un mors, peut-être pas, cela dépend des chevaux, des cavaliers et la façon dont le travail est fait. J’ai appris la cession à la jambe, épaule en dedans, croupe au mur et pivot à ma jument sans mors, etc. Je commence même l’apprentissage des appuyés, toujours sans mors. Je ne manque jamais de précision lorsque je monte ma jument avec son petit side-pull classique. Je n’utilise que très peu mes mains, elles servent principalement à obtenir « la forme » de ma jument. L’impulsion vient de mon corps et mon énergie, la direction vient principalement de mon corps et est encadrée par mes mains, j’utilise aussi beaucoup mes jambes pour les figures de dressage. Tout bon écuyer sais que la main n’est là que pour encadrer, alors pourquoi l’idée que monter sans mors n’offre pas de précision? Mors ou pas, on encadre très bien quand même.

L’énergie, la direction du poids du corps et la jambe sont bien plus importantes que la main! Lorsque l’on incurve un cheval, ce n’est pas la main qui donne le plie, c’est plutôt la position du corps et des jambes, la main ne fait que supporter l’action. Lors d’une cession à la jambe, encore une fois, le poids du corps et la jambe arrivent bien avant la main en terme d’importance! Même lorsque je fais un arrêt, c’est mon corps tout entier qui stoppe ma jument… Non pas ma main. Je peux facilement arrêter ma jument tout en laissant glisser mes rênes, parce que c’est mon corps qui lui dicte l’arrêt. Ne dit-on pas que pour rassembler un cheval il faut pousser le cheval sur la main? Il ne faut donc pas tirer sur les rênes ou cisailler avec ses mains… Il faut appliquer un contact léger et donner au cheval assez d’impulsion pour le pousser sur la main… Lui donner assez d’impulsion pour se soulever sur la main. Alors pourquoi est-ce que l’embouchure ou la « non-embouchure » importe t’elle? Ce n’est pas du tout la main qui fait le mouvement, mais l’addition de la main, du poids du corps, de l’assiette, de la jambe et de l’énergie!! Si tout le reste est impeccable, le fait de ne pas avoir de mors ne devrait pas être un problème

n’est-ce pas? Personnellement, je vois le fait de faire des figures de dressage complexes sans mors comme un superbe défi à relever… Dans ma tête, ce n’est nullement impossible!! Parce que je ne vois pas la main comme la partie principale du dressage, mais bien comme une partie secondaire qui soutient le reste.

Petite tranche de vie personnelle : J’ai été suivre une clinique de concours complet dans un centre très réputé du Québec. J’ai demandé à mon instructeur s’il était d’accord de me voir monter sans mors. Son visage indiquait clairement une appréhension, mais comme cet homme est ouvert d’esprit, il m’a donné son accord, me disant que si ça n’allait pas, on mettrait un mors, mais il m’a donné la chance de lui prouver que c’était sécuritaire. Nous avons commencé le cours, ma jument était stressée, mais entièrement sous contrôle, je n’en ai jamais entendu parler par la suite et j’ai fait exactement les mêmes exercices que tous les autres, et avec succès! Sur le terrain de cross et sur le carré de dressage, ma bride sans mors n’a jamais été un obstacle ou un frein!! J’ai été bien heureuse d’avoir un professeur de ce niveau et de ce calibre (il a fait les jeux panaméricains et avait été sélectionné pour l’équipe olympique, mais n’a pas pu y aller dû à un malheureux accident) en concours complet qui m’a laissé la chance de prouver que le mors ne fait pas le contrôle!!

Voilà pourquoi aujourd’hui j’ai la conviction que le fait de monter sans mors ne me ralentit pas, ne me restreins pas et ne m’empêche surtout pas de progresser. Je crois aussi que ma réussite sans mors part principalement du fait que j’y crois à 100%, jamais il ne me vient en tête que je pourrais rater quelque chose parce que je suis sans mors. Il n’y a aucune différence pour moi! Cela part aussi du fait que pour moi les mains ne font qu’encadrer, le mouvement ne part pas de la main… Il part de tout notre corps. Voilà pourquoi monter sans mors ne veut pas dire monter sans précision! Si vous montez en mors et n’avez pas de précision, ne pensez pas en trouver sans mors… Peu importe ce que notre cheval a sur la tête (ou pas), si vous savez utiliser tout votre corps, vous ne manquerez pas de contrôle. 

Moi je veux… Et lui alors?

Voici un autre petit sujet dont j’ai été souvent témoin… Je l’ai moi-même fait, au début de mon aventure équestre, puis j’ai fini par comprendre… Mais je le vois encore souvent autour de moi. Je parle ici du « moi je veux ». L’être humain est ainsi fait, il tombe souvent dans l’égoïsme… Parfois sans trop s’en rendre compte. Moi je veux faire de la course de baril! Moi je veux faire du concours complet! Moi je veux faire du dressage! Et le cheval dans tout ça? Il n’est pas vrai de dire que les chevaux n’ont jamais de plaisir à être monté ou à être travaillé.

Par contre, il est vrai de dire que chaque cheval à ses préférences selon sont type de personnalité. Certains vont détester le dressage et se feront plaisir dans un parcours de cross country! Certains vont détester la randonnée et préférer la sécurité de la carrière de dressage! Certains n’aimeront pas l’aspect répétitif et ennuyeux de la carrière et préfèrerons l’aspect nouveau de la randonnée! Vous voyez où je veux en venir!

Nous avons souvent cette vision unilatérale de ce que NOUS voulons faire… Mais pas de ce que notre cheval aime faire! Un exemple : Sonara préfère la sécurité et la répétition. Elle aime la carrière et aime le dressage puisque ce sont des figures répétitive et connue ce qui la sécurise. Elle aime apprendre, bien entendu, mais je dois opter de grande délicatesse et encore une fois, de beaucoup de répétition.

Maintenant qu’elle sait mieux gérer ses émotions, la randonnée et les sorties sont beaucoup plus agréables pour elle et je dirais même qu’elle y prend goût! Quant à Mimi, elle préférait de loin la nouveauté et l’action. Le manège était barbant pour elle! La randonnée, elle adorait!! On pouvait partir à l’aventure avec joie. Quant au travaille en manège, pas de problème tant que c’était intéressant, tant que ça bougeait toujours et tant qu’on attaquait de nouvelles choses! Le cross country, elle aurait adoré! Quand j’ai eu Mimi, elle avait été, disons-le, forcée à quelques reprises et elle était très frustrée (et je la comprends). Il m’a fallu du temps pour lui prouver que je méritais son respect! Le travail de précision était plutôt difficile, car elle ne voulait plus être forcée à quoi que ce soit… Mais la balade était toujours du bonheur pour elle et moi! Cette jument n’avait peur de RIEN, elle passait PARTOUT! Bien entendu, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas quelque chose qu’il faut absolument arrêter de le faire… On n’aime pas l’école, mais il est primordial d’y aller!! Par contre, lorsque l’on sait que notre cheval déteste quelque chose; une discipline, la carrière, l’extérieur, etc. il serait judicieux de penser à le travailler différemment non?

Essayer d’inclure ce qui rend le cheval heureux dans cette façon de travailler! Sonara aime la répétition, alors avant de pouvoir avancer en cross country, on la sécurise avec un peu de répétition, en ayant un autre cheval avec nous sur le parcours, en prenant tout le temps qu’il faut pour lui laisser découvrir les lieux, etc. Alors que Mimi n’était pas fan du dressage et bien, apportons de la nouveauté, ajoutons des pôles au sol, des cônes et travaillons le dressage sous une forme de jeu! On peut travailler toutes les disciplines et trouver la bonne façon de le faire… Par contre, si votre but est de vous rendre au prix st George (dressage) avec votre cheval et que vous achetez un cheval qui DÉTESTE le dressage, là nous avons un problème! Si votre but est de compétitionner sérieusement en une discipline et que votre cheval déteste cela, ça ne fonctionnera pas. En bas niveau et pour le plaisir, il y a toujours moyen de rendre cela amusant pour un cheval qui n’aime pas ça.

Quand le niveau de compétition demande du sérieux et que votre but est de progresser, alors que votre cheval n’aime pas cela, il faudra revoir vos priorités… Votre cheval? Ou votre discipline? Parce qu’il ne sera pas heureux au travail et vous serrez constamment découragé ou frustré parce que le travail ne sera jamais fluide… Et si vous remportez la bataille, vous vous retrouverez avec un cheval complètement blasé, ou avec un cauchemardus després commun ou encore avec un cheval sur le bord de la rébellion… Si vous ne désirez pas vendre votre cheval, vous devrez changer pour une discipline qui lui est plus naturelle! Par exemple, ma jument et moi sommes stressées en saut d’obstacle! J’adore le saut, mais je suis stressée et je la stresse… Du coup, en dressage, nous sommes calmes et appliquées toutes les deux… Alors c’est ce qu’on va faire cet été! Si on finit par se calmer à l’obstacle et bien on recommencera le concours combiné! On va le travailler calmement à la maison et on verra! Pourquoi se mettre toute cette pression pour un simple ruban? Le but de l’équitation n’est-il pas de prime à bord de s’amuser? De s’amuser TOUS LES DEUX… D’avoir du plaisir ensemble et de décompresser de notre quotidien d’humain stressant? Alors, pourquoi se mettre autant de pression et être aussi rigide? Prenons exemple sur notre cheval et adaptons-nous!

La dérive de l’équitation moderne

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part j’ai remarqué que dès que l’argent et la compétition sont réunis, les résultats ne sont jamais très fameux pour les chevaux et qu’on tombe rapidement dans la démesure et la stupidité. Ne vous y trompez pas… J’ai eu le malheur de tomber aussi dans le piège et par chance un événement m’a fait ouvrir les yeux bien grand et il était temps parce que j’aurais mérité une sacrée bonne gifle!! Dès que l’humain entre dans la zone compétitive, il ne peut s’empêcher d’essayer d’épater le voisin et d’en mettre plein la vue… Et comme nous sommes une espèce qui aime avoir tout, maintenant, nous sommes les plus ingénieuses pour trouver un moyen de tourner les coins ronds et d’accélérer les choses.

Le problème dans tout cela, c’est que le cheval est un être vivant à part entière et que de ce fait, lorsque nous entrons dans ces techniques, il nous arrive très souvent de l’oublier dans tout ça et de lui manquer sévèrement de respect. Parce que là nous entrons dans la zone dangereuse… performer et gagner à tout prix! Et si le cheval en paie le prix, tant pis… Il se reposera à la retraite ou bien on le vendra une fois qu’on l’aura bien entamé pour en acheter un tout nouveau, tout beau! On le traite comme une machine et non plus comme l’être vivant qui devra vivre avec les conséquences de nos actes.

Oui, oui! Ces conséquences qui seront très souvent douloureuses et handicapantes pour le reste de ses jours… Et ça, c’est compté si une fois bien amoché on souhaite lui faire la fleur de s’occuper de lui, parce que là, il ne sert plus à rien et COÛTE de l’argent! Vous voyez où je veux en venir!? Le but est de gagner, peu importe si le cheval doit en prendre plein la tronche, il faut gagner des jolis rubans, faire des beaux sourires, serrer des mains, remporter de l’argent  et puis une fois le cheval un peu trop amoché et bien on changera pour un nouveau et on rangera l’autre aux oubliettes… Bon, là, comprenez-moi bien, je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde, mais c’est le gros danger qu’il y a lorsqu’on mélange compétition, argent et orgueils!

On le voit de plus en plus ces temps-ci avec tout ce qui se passe, des horreurs que l’on voit partout sur les terrains de concours. C’est encore plus évident maintenant que tout le monde est armé d’un téléphone intelligent et qu’on a des réseaux sociaux pour bien disperser la nouvelle! Parfois on prend des moments sur le vif qui ne sont pas représentatifs… Le cavalier a perdu le contrôle, on a filmé un petit 30 secondes ou prit une photo et là c’est l’horreur!!!!!! Mais c’est parfois une simple perte de contrôle passagère qui a fait faire une erreur de mains ou de jambe au cavalier… Ça arrive! Mais bon, quand on arrive au stade du rollkür pendant plusieurs minutes, des chevaux avec des allures mécanisées, des chevaux avec la tête derrière la verticale tout le temps, des chevaux montés avant l’âge de 2 ans, des chevaux privés d’eau pour être plus calme lors du concours, des poids sous les pieds pour qu’ils relèvent plus haut, des queues attachées sur le dos pour qu’il se la tienne bien haute, des coups de mors dans les dents pour qu’il la garde sa satanée tête en place, de la tête attachée au maximum de hauteur pour qu’après il la tienne en bas sa tête…

Alors là on entre dans la démesure, dans le tournage de coin rond, dans l’artifice et dans l’excès… Le CA$H… Il en faut… Le FRIC… Il en faut plus! Il faut bien gonfler son petit orgueil! Plus de victoire, plus vite, plus haut, plus fort, plus impressionnante… Plus! Plus! Plus et encore plus! Puis ça mène à des chevaux avec la langue bleue, des morts humaines et équines, des membres sévèrement blessés ou fracturés, des chevaux très sévèrement arthrosé à 10 ans… Mais ce n’est pas l’humain qui souffre, la plupart du temps, alors qui est-ce que ça dérange? Ce n’est qu’un animal… Un animal ultra-sensible capable de sentir une simple mouche sur son pelage! Mais non, il n’a pas l’air de souffrir, ce n’est qu’une légère boiterie! Sur un animal se trouvant être une proie… Une proie blessée est une proie facile à attaquer! Le cheval ne montrera pas sa douleur à moins d’être trop insupportable pour la cacher.

Mais où est-ce que l’équitation s’en va? Ce sont les chevaux aux allures mécaniques, ceux qui sont bien tenus serrés, qui ne démontrent plus aucune expression, de parfaits petits robots… Ce sont eux qui gagnent… Mais où s’en va l’équitation? Je me demande ce qui se passe aujourd’hui, quand tourner les coins ronds et user d’artifices devient payant… Il faut réellement que le ménage soit fait dans le domaine équin… J’ai cette drôle d’impression que le sport hippique est dirigé par l’argent plus que par l’amour de l’animal! Je parle de l’animal comme un être vivant doté d’émotions et de sensibilité. On dirait qu’on le traite comme une simple machine!

Mais les gens s’ouvrent les yeux, ils s’éduquent et commencent à voir ces problèmes! Alors peut-être que si la pression du public augmente pour un sport sain… Peut-être qu’on pourra voir des changements plus positifs, parce que ce sport, qu’est l’équitation, est un sport magnifique où l’on peut voir évoluer l’humain et l’animal ensemble! Mais voilà, je comprends qu’on interdise les harnachements trop sévères en concours… Ce que je ne comprends pas c’est qu’on interdise aussi les harnachements moins sévères que demandé… Ne serait-ce pas merveilleux de démontrer nos habiletés avec le moins d’action mécanique possible? Avec plus de légèreté? Plus de sensibilité? Espérons que cela vienne!

Souvenez-vous que dans le travail ” Less is more”